Conseils : à chaque âge ses interdits

les interdits à mettre en place en fonction de l'âge de l'enfant - 2houses

Qu’est-ce que l’autorité parentale ?

Comment exercer une autorité pondérée, sereine et efficace ? Premier secret : la congruence. Autrement dit, bannir le :  » Fais ce que je dis, fais pas ce que je fais !  »  » L’éducation, c’est l’exemple « , répétait inlassablement Françoise Dolto. Illusoire en effet d’espérer imposer des règles et des lois qu’on ne respecte pas soi-même. Deuxième principe : la clarté et la continuité.

Dans son livre “Quels repères donner à nos enfants ?” (1), le psychologue Jean-Luc Aubert insiste sur ce point. Dire non trente fois par jour, formuler toujours les mêmes interdictions est certes un rôle ingrat. Seulement, aucun enfant n’intègre des règles floues, fluctuantes, ambiguës, aléatoires, arbitraires ou formulées d’une façon équivoque, sans conviction de leur bien-fondé. S’il doute de la détermination de ses parents à les faire appliquer, c’est raté !

Troisième impératif : le respect des places de chacun. L’autorité doit s’appuyer sur la différence d’âge. Les enfants, même très matures, ne sont pas des adultes miniatures. Les traiter en pseudo-égaux, en copains, en confidents ne fait que les angoisser. Le fossé des générations les aide à se structurer. Ces principes sont valables quel que soit l’âge de l’enfant. Seule la nature des interdits à poser évoluera. Plus facile à dire qu’à faire, pensez-vous ? Vrai. C’est pourquoi nous avons choisi quelques scènes types de la vie quotidienne. Non pour donner des solutions miracles, il n’y en a pas. Seulement quelques repères.

1- Albin Michel, Questions de parents, 1997.

L’enfant de moins de 2 ans

Quand l’enfant commence à marcher et touche à tout – phase d’exploration –, les premiers interdits doivent être formulés pour garantir sa sécurité. Encouragez-le aux découvertes mais signalez-lui les dangers. N’hésitez pas à dire fermement non : même s’il ne vous répond pas encore, il vous comprend très bien.

L’enfant de 2 à 3 ans

Il dit non à tout
 » Il dit non pour faire oui « , avait coutume de dire Françoise Dolto. C’est la phase de séparation-individuation. Si, quoi que vous lui proposiez, l’enfant refuse systématiquement, c’est pour mieux prendre ses distances et affirmer son identité. Il faut donc se réjouir et non se catastropher. Efforcez-vous d’être souple, de déjouer son obstination en attirant son attention sur une autre activité, la rigidité et le rapport de force conduisant à l’échec. Quand vous lui interdisez de traverser la rue en courant ou de toucher à la prise électrique, expliquez-lui que c’est pour le protéger, non pour lui imposer arbitrairement votre volonté.

Il tape les autres enfants, il mord, il casse leurs jouets
Soyez très ferme :  » Il est défendu de faire du mal aux autres et à soi-même !  » L’interdit de la violence est fondamental. C’est la  » charpente psychique  » grâce à laquelle l’enfant sera un adulte respectueux des lois et de l’ordre social, rappelle le thérapeute Patrick Delaroche. Mais ne le punissez pas par la loi du talion. Mordre un enfant pour lui montrer ce que ça fait est plus proche du sadisme que de l’autorité bien comprise ! Mieux vaut simplement lui expliquer que les coups font mal.

Il refuse de manger
Bouder la nourriture est un moyen de pression assez fréquent. L’enfant a le chic pour titiller ses parents là où ils sont vulnérables. Plus vous réagirez par la colère, plus vous essayerez de le forcer ou de l’amuser en  » faisant l’avion « , plus il refusera. N’en faites pas un enjeu, sinon les repas risquent de devenir des corvées au lieu d’être des moments conviviaux. Faites la trêve, mangez de bon appétit devant lui, variez les plats et les goûts que vous lui proposez et laissez-le manger à sa faim.

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Par Psychologies.com

Parents : intervenir, ou non, dans les conflits frères-sœurs ?

conflits entres frères et soeurs - 2houses

Pourquoi existe-t-il des conflits entre frères-soeurs ?

« Ils s’adorent, vraiment, jamais une dispute, j’ai beaucoup de chance » ou « Je ne peux pas les laisser seuls deux minutes, ils se battent ». Deux positions entre lesquelles oscille ou se fige l’amour fraternel et qui dépendent fortement des attentes et des projections des parents. « Qu’elles soient refoulées ou exprimées, la jalousie et la rivalité sont inévitables dans la fratrie, rappelle Catherine Vanier. Loin d’être négatives, elles agissent comme un stimulant, un ferment à la construction de l’identité psychique de l’enfant. C’est pour cela que les parents doivent les accepter. »

Le moteur de ces émotions ? S’assurer un amour exclusif de la part des parents. Être le meilleur, dominer l’autre sont autant de manières d’exprimer ce désir inconscient. Avec une limite : « La violence n’est évidemment pas acceptable, l’intégrité physique et psychique de chaque enfant doit être respectée, et c’est au parent d’y veiller. Pour cela, ils doivent non seulement accepter de mettre des limites, mais aussi de relire leur propre histoire de sœur ou de frère par le prisme de la rivalité fraternelle. Et tenter ainsi de comprendre ce qui a pu être transmis en termes de violence – actée ou ressentie – ou de jalousie à leurs propres enfants, et qui se rejoue dans leurs relations. »

Ils sont inséparables et ne se disputent jamais

Les motivations inconscientes. Ou bien ils se sont unis dans une vraie et grande complicité contre leurs parents. Ou bien ils refoulent agressivité, jalousie et rivalité pour faire plaisir à leurs parents. Dans ce cas, il s’agit d’une surenchère affective sur le mode « regarde comme je sais prendre sur moi pour être tout le temps gentil avec lui (elle) ». Surenchère dont l’objectif final est bien entendu d’être le grand gagnant. La pulsion agressive est transformée en démonstration de gentillesse. Le risque ? Faire grandir et différer une haine inconsciente.

Comment rétablir l’équilibre. Accepter la complexité. Les relations humaines sont conflictuelles, les sentiments ambivalents. Il est important de se questionner : quelle jalousie personnelle avons-nous dû ravaler ? Quelle peur la menace du conflit réveille-t-elle ? À qui et pourquoi veut-on faire la démonstration d’une « famille modèle » ? Proposer des activités et des loisirs en vue de séparer une fratrie trop fusionnelle peut être le feu vert que les enfants attendent pour pouvoir se « déscotcher ». Accueillir les critiques, mais aussi ce que l’on nomme les émotions négatives peut aussi libérer les enfants du fardeau d’être toujours positifs.

Ils se dénoncent l’un l’autre

Les motivations inconscientes. Essayer à tout prix d’avoir la première place dans le cœur des parents en montrant à quel point l’autre ne vaut pas la peine d’être aimé. Le manque de confiance en soi de l’enfant peut également jouer comme un levier : peu sûr de ses talents et compétences, il se valorise sur les faiblesses de son frère ou de sa sœur. Certains parents mettent en place, plus ou moins inconsciemment, un système de comparaison- compétition, qui pousse les enfants à se dénoncer les uns les autres.

Comment rétablir l’équilibre. En ne rentrant jamais dans le jeu du cafteur et en lui disant clairement que dénoncer ne se fait pas. On peut aussi lui préciser que l’on n’a pas besoin de lui pour connaître les défauts de son frère ou pour être au courant de ses bêtises. C’est une manière de le remettre à sa place d’enfant en le rassurant : ses parents sont suffisamment forts et justes pour ne pas charger un de leurs enfants de faire le « sale boulot ». Cela signifie aussi que ses parents ne laisseront pas sa sœur ou son frère cafter sur lui. De même, il faut se garder au maximum de faire des comparaisons entre frères et sœurs, cela induit des compétitions malsaines et des rivalités haineuses.

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Par Flavia Mazelin-Salvi pour Psychologies.com

Comment aider son enfant à surmonter ses difficultés scolaires ?

aider votre enfant à surmonter ses difficultés scolaires - 2houses

Dédramatisez les difficultés
Le culte de la réussite et de la performance qui obsède notre société, pèse aussi sur nos enfants, au point d’oublier que l’école est un endroit où l’on apprend des choses et que l’apprentissage passe par des hauts et des bas, des essais, des erreurs.
Rassurez l’enfant en lui disant que c’est petit à petit qu’il surmontera les obstacles et qu’il faut du temps pour devenir grand et apprendre.

Prenez rendez-vous avec le professeur
Cela vous permettra de un faire bilan sur ses difficultés : sont-elles dues à un manque de concentration, à un repli sur soi, à un manque de compréhension ou à des troubles de l’apprentissage ?
Concernant la lecture et l’écriture, il ne faut pas…

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par Marie Delambre pour Elledivorce.com

La condition d’ainé dans le divorce n’est pas à envier !

Votre enfant ainé n'est pas votre ami ni votre confident - 2houses

Souvent, on pense que l’enfant ainé est plus capable de comprendre et d’assumer les situations.

Hier, je lisais sur un forum une femme qui témoignait de comment elle avait mis son ainée dans la confidence de sa rencontre avec un homme. Elle racontait comment son ainée s’était sentie valorisée et avait facilité l’intégration de l’amoureux auprès des cadets ! Et bien, je dis à cette mère qu’elle s’est trompée. Sa fille n’est ni sa copine ni sa confidente. Elle ne doit pas non plus porter de secret et mettre en place des stratégies avec elle concernant sa vie amoureuse.

On peut décliner cette petite anecdote aux séparations/divorces. Nous savons tous qu’il est courant de voir l’ainé porter beaucoup.

Une patiente m’a racontée comment à l’ado, vers 15 ans, elle a du se mettre à pratiquer tel sport pour pouvoir observer son père et sa maitresse sous les ordres de sa mère. Une autre a promis à son père qu’elle cracherait sur son grand-père pour le venger.. Ou, avec des apparences moins graves, une autre de 5 ans prend régulièrement sa maman dans les bras dans l’espoir de la soulager de sa tristesse.

Le cadet, lui, est souvent plus protégé, par ses parents et par son ainé (justement !). Il n’a pas forcément une meilleure condition. Il se sent lésé. Il ne comprend pas pourquoi il n’a pas les mêmes privilèges que son ainé. Pourquoi, lui ne peut pas rester plus tard à écouter son parent ou à effectuer telle ou telle tache !

Mais, l’ainé, lui, prend tout dans la figure, en direct et sans protection.

Ne pas protéger l’ainé de l’histoire du divorce engendre chez eux :

  • Un sentiment fort de responsabilité quant à l’état de son ou ses parents. Le parent qui se confie à l’enfant ou qui lui  confère des privilèges, met l’enfant dans la position où il croit qu’il peut agir pour lui. L’enfant pense qu’il doit réussir des missions données ou imaginées. Il développe un sentiment d’échec alors même qu’il lui était impossible de réussir. L’enfant n’a pas les compétences, les moyens de soulager le parent ou de réussir ses missions.
  • Quelque soit son âge, il se sent responsable de protéger son cadet du conflit parental ou de l’état du parent  fragile. Dans le divorce, on peut voir, dans des cas graves, des dépressions, de l’alcoolisme, des crises… L’ainé apprend vite à protéger son cadet de ce qu’il observe et prend tout dans la figure. On voit aussi des enfants qui, témoin de disputes entre parents, se mettent entre les conflits et le cadet. Il tente de l’isoler au moment des passages chez l’un et l’autre. Ils ne racontent pas à leur cadet ce qu’ils voient ou entendent… Et ils finissent par s’isoler de la fratrie car ils ont le sentiment de ne plus être honnêtes avec eux. Ils s’isolent aussi car, grandissant trop vite, il existe à force un décalage entre l’ainé et le cadet.
  • Parallèlement, il peut s’en prendre à son cadet car il n’en peut plus de la situation, ou par jalousie du repos apparent de ses cadets. Pourquoi, eux, ont-ils le droit de ne pas tout se prendre dans la figure. Ils peuvent finir par être en colère contre le cadet qui peut rester un enfant alors que pas lui. On développe souvent à ces moments des jalousies maladives. Le cadet est jaloux des faveurs accordés par le ou les parents pendant que l’ainé observe et constate les bénéfices du dernier petit protégé. Chacun a le sentiment qu’il est lésé.
  • L’enfant développe une hyper-vigilance pour prévenir les dangers et qui l’éloigne de son état d’enfant. Il est tellement pris dans le conflit, des les tristesses adultes, dans les confidences,  – tellement en première ligne, qu’il se sent responsable de soulager ses parents, ses cadets. Il met alors en place un système d’hyper-vigilance pour pouvoir éviter les problèmes et les souffrances. C’est ainsi qu’on voit les enfants développer des angoisses puisqu’ils voient le danger partout. Ces enfants finissent par perdre de leur naïveté et devance tout. Ils s’épuisent à chercher la faille pour l’éviter ou résoudre le problème !
  • L’enfant manifeste un sentiment de loyauté / trahison très fort. Au lieu de regarder le monde à travers les yeux de la naïveté et de la simplicité, il le regarde avec le sentiment qu’il DOIT quelque chose. S’il a la chance d’avoir maman qui se confie à lui ou papa qui lui donne des missions, il lui doit bien quelque chose. Il se sent privilégié d’avoir gagné la confiance de son ou ses parents.  Or, cette confiance entraine ce sentiment de loyauté et de trahison fort. Et ces sentiments isolent l’enfant qui finira par développe un grand sentiment de solitude.
  • Il tend à faire des actes manqués pour se protéger. Ces actes manqués sont souvent perçus par les parents comme des preuves de trahison. Par ex, j’ai un petit bonhomme de 12 ans qui a oublié de faire signer son carnet par sa maman et qui se retrouve obligé de le faire par l’amoureux de sa mère. On se doute bien que le père sera furax ! Si on demande à l’enfant s’il l’a fait exprès, il répondra que non. Mais si on regarde l’histoire qu’il a avec son père, on comprend qu’il veut pouvoir se détacher des missions que celui-ci lui donne. En faisant cette erreur, il se donne inconsciemment le moyen de se décoller de son père qui critique en permanence sa maman et qui lui demande de participer !
  • Il peut se mettre à rejeter plus ou moins fortement l’autre parent pour s’assurer une sérénité (apparente) chez ce parent ! Un parent me donne de grands avantages en m’offrant ses confidences, ses pleurs et ses secrets. Ce parent en me permettant de me coucher plus tard, en me prenant pour un adulte, en allant au resto avec moi, …. me donne un sentiment d’être unique. Mais cela a un prix : la loyauté. Pour pouvoir continuer à bénéficier de ces privilèges, je vais devoir accepter de rejeter ou au moins critiquer mon autre parent. Ou seulement dire que c’est moins bien !

La condition d’ainé n’est décidément pas à envier dans le divorce/ séparation. Je dirai surtout qu’il ne faut jamais mêler aucun enfant au conflit, même à 20 ans !

Je finirai en disant que l’une des erreurs des parents et des JAF, est de statuer sur un droit de visite et d’hébergement libre. L’ainé, quand il n’a pas pu se protéger ou quand il a été pris dans les griffes de colère ou de tristesse d’un parent, n’est plus en mesure de dire librement qu’il souhaite aller chez son autre parent.

Je comprends sincèrement le dilemme des JAF qui entendent un enfant refuser d’aller voir un parent. Cet enfant est-il libre de sa pensée ou existe-t-il un réel conflit ? Parfois, le JAF tombera juste en acceptant ou refusant le DVH libre, parfois il mettra l’enfant dans une situation impossible !

Et si dans un monde idéal, un divorce n’était pas l’occasion de se déchirer ?

par Elodie CINGAL

Le divorce et la séparation affectent-ils vos enfants?

divorce - 2houses

Il n’y a qu’à se disputer un peu en couple pour voir la terreur naître dans les yeux de nos enfants. Puis rapidement tombe la question fatidique : « Est-ce que vous allez vous quitter? » La réponse devient rapidement « oui » quand on sait que par exemple, selon Statistique Canada, près du tiers des mariages se solderont par un divorce au Canada.

Est-ce que la séparation et le divorce affectent réellement nos enfants? Les études à ce propos sont nombreuses et contradictoires.

Toutefois, des tendances s’en détachent :

Des réactions différentes selon l’âge

Les réactions des enfants face au divorce sont différentes selon l’âge. Les enfants de moins de cinq ans, qui ne comprennent pas très bien les données en cause dans un divorce, croient que leurs parents cherchent à leur faire de la peine. Ils peuvent aussi éprouver de la régression au niveau du langage, de l’autonomie, des troubles d’alimentation, du sommeil. En deçà de dix ans, ils craignent l’abandon, ils peuvent présenter des problèmes de socialisation et d’adaptation. Les adolescents de parents divorcés pourraient développer des problèmes de relations sexuelles et être davantage enclins à consommer de la drogue que les enfants de foyer intact. 39 % de filles de parents divorcés augmenteraient leur consommation de drogue contre 50 % chez les garçons. Enfin, plus le divorce a été vécu jeune, plus le jeune adulte a de la facilité à établir une relation amoureuse de longue durée.

La dégradation financière de la mère

La dégradation financière de la mère (ou de la personne qui en assume la garde) a une influence sur le mieux-être de l’enfant. Il semblerait, au contraire, que la séparation avantagerait le père (souvent celui qui ne voit l’enfant que les week-ends). L’absence d’un des parents à la suite de la séparation affecte beaucoup leur progéniture. La monoparentalité engendre aussi des difficultés d’adaptation chez le parent et peut occasionner, par la même occasion, différents troubles de comportement.

L’agressivité entre parents

C’est l’agressivité entre les parents qui influence le plus le comportement de l’enfant. Un enfant dont les parents sont constamment en conflits a plus de chances d’adopter des comportements violents, de faire des fugues et d’adopter des comportements suicidaires qu’un couple qui décide mutuellement, et dans l’harmonie, de mettre fin à leur relation amoureuse. Et si les conflits sont nombreux dans un couple, mais qu’ils mènent au divorce, les conséquences seront moins grandes que si le couple continue de se nourrir de disputes, mais demeure dans la même maison. On serait donc à même de penser que le divorce pourrait, dans ces cas, améliorer le bien-être des enfants. Malheureusement, seuls 5 % des parents ont affirmé protéger leurs enfants contre les disputes, les autres s’en servant pour agir à titre de témoins ou de participants chargés de recueillir des preuves, d’espionner, de transmettre des menaces ou des insultes à l’autre conjoint.

Le déménagement

Le déménagement, qui change le milieu de vie de l’enfant (proximité des amis, changement de camarades, école…) aurait également une influence sur son mieux-être. Toutefois, avec le temps, il finirait par s’adapter à sa nouvelle situation si les conflits s’amenuisent.

– Un divorce ou une séparation qui se déroule par l’intermédiaire d’un juge est beaucoup plus néfaste pour l’enfant qu’une séparation à l’amiable.

En résumé, ce qui fait qu’un divorce ou une séparation affecte moins les enfants :

– Que les parents développent une harmonie dans leur relation ou favorise à tout le moins des discussions qui se déroulent en dehors de la présence de l’enfant.

– Qu’ils veillent au bien-être de leur enfant en faisant des choix qui le favorisent (lieu de déménagement, aménagement avec ou sans (e) conjoint (e), aide financière de l’un pour l’autre…)

– Qu’ils favorisent un réseau de soutien constitué de quelqu’un qui peut venir en aide à leur enfant alors que leur stress, leur détresse, voire leur déprime peut s’avérer élevée en cette période de trouble (camarades, frères ou soeurs, professeurs, grands-parents, thérapeutes…). Cette chronique a été rédigée grâce à la consultation d’études recueillies par le Ministère de la Justice du Canada et à une étude réalisée par des étudiants en Sciences politiques de l’Académie de Grenoble.

par Violaine Dompierre,

Gérer son fils ainé quand on est seule à la maison

mère célibataire et adolescent à la maison - 2houses

L’aîné, surtout s’il est à l’âge de l’adolescence, risque fort de pâtir du divorce, surtout si les parents ne restent pas vigilants et le laissent prendre une place qu’il ne doit pas prendre.
Voici quelques points de repères pour gérer la relation mère-fils, à l’adolescence.


Mère-fils : un dialogue subtil ?

Si votre fils aîné adolescent vit avec vous, il risque de vouloir prendre symboliquement la place de son père. Il voudra vous consoler, vous protéger, vous aider aussi. Si vous êtes une mère complaisante qui laisse s’installer son fils dans cette situation ambiguë, celui-ci risque de ne pas pouvoir se développer harmonieusement et restera fixé affectivement sur vous. 
Si vous êtes restée seule, la tentation est grande de s’appuyer sur son fils, pour en faire son confident et son appui, et ainsi le mettre dans une place de remplaçant affectif du père. Cette attitude plus féminine que maternelle, empêchera l’adolescent de grandir et bloquera son accès à la maturité affective.

En effet, un enfant ou un adolescent qui se sent responsable de sa mère ou de ce qui lui arrive, se retrouve dans un rôle d’adulte qui n’est pas sa vraie place ; ce lourd fardeau de responsabilités est inadéquat et déséquilibrant pour lui, qui n’est pas encore adulte.

Toute attitude surprotectrice de la mère est invalidante pour l’adolescent, qui ne peut pas prendre son autonomie affective. C’est ainsi que l’on peut voir de grands adolescents, devenus jeunes adultes qui vivent encore chez leur mère, incapables de s’investir dans une relation durable avec une femme.

C’est pourquoi il est si important que la mère refasse sa vie quand elle se sentira prête et qu’elle le pourra, ce qui lui permettra d’être moins focalisée sur ses enfants, d’avoir sa vie de femme et d’être une mère épanouie.

A l’adolescence, le garçon a fortement besoin de l’appui de son père, parce qu’il représente pour lui son modèle masculin et qu’il l’aide à construire son identité d’homme par le biais d’activités et de temps partagés ensemble. D’autres hommes, tels un oncle, un ami, ou un professeur que l’adolescent admire, peuvent également tenir ce rôle de modèle.

C’est pourquoi, il est important, d’une part, qu’il entretienne des relations régulières avec son père, mais aussi que sa mère ne le couve pas et le laisse faire ses choix, lui donne suffisamment de liberté pour qu’il puisse vivre d’autres expériences en dehors de la maison.

La mère doit éviter de critiquer le père ou le déprécier même si elle a de sérieux griefs contre son ex-mari. Dévaloriser le père, c’est détruire une partie de son fils, cela revient à le couper en deux, c’est l’empêcher de devenir un homme.

Le rôle du père est aussi fondamental : il représente la loi et il est le tiers qui empêche la fusion mère-enfant si néfaste pour son développement affectif. Il est aussi celui qui initie à la vie sociale. C’est pourquoi l’attitude d’un père responsable et aimant, maintenant de bonnes relations avec son fils est capitale pour son devenir d’adulte.

Si le grand adolescent demande à aller vivre chez son père, la mère ne doit pas l’en empêcher, surtout si le père remplit son rôle d’éducateur et de modèle et qu’il manifeste de l’affection et de l’intérêt pour son fils. Par ailleurs, le fils doit prendre quelque distance avec sa mère à l’adolescence pour se construire. Cet éloignement est une phase normale de l’accès à l’autonomie. 

 En résumé, votre fils aîné ne doit ni devenir votre confident, ni votre béquille affective. N’essayez pas d’en faire un  » homme parfait « , sans les défauts de son père ! Pour s’épanouir dans la vie, il a besoin que sa mère refasse la sienne et de pouvoir aussi compter sur la présence et l’affection de son père. Le plus fondamental : il ne doit en aucun cas être l’enjeu affectif de conflits non liquidés entre ses deux parents.

Par Marie Delambre

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Éducation : quand le divorce brouille les cartes

éducation et le divorce une source de conflits - 2houses

Comment parler d’une même voix quand on ne vit plus sous le même toit ? Comment rester cohérent quand l’amour conjugal a fait son temps ?

Benoît, 48 ans, enseignant, père de deux filles de 17 ans et 15 ans, le constate avec tristesse : ses enfants et lui ont fait l’amère expérience du conflit d’autorité, si fréquent lors des séparations. « Quand nous étions mariés, nous étions d’accord sur toutes les questions d’éducation. Lorsque nous avons divorcé, tout est devenu source de conflit. Pour moi, ce n’est pas une question de conflit d’autorité, c’est un problème de couple qui s’exprime à travers l’exercice de l’autorité, parce que c’est le dernier lien, le seul moyen de maintenir le contact. »

Une balle de ping-pong

Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne, n’est pas surprise d’un tel témoignage : « Un rapport de force s’établit entre les parents, surtout si le divorce est conflictuel. Chacun a peur que l’autre prenne le dessus sur l’enfant. » Cette rivalité dont il est l’enjeu entraîne forcément des conséquences, quel que soit son âge : « Quand les enfants sont très petits et sans autonomie psychique, ils se vivent comme des balles de ping-pong lancées d’un parent à l’autre. C’est très dévastateur et déstabilisant. » En effet, coincés entre papa et maman, ils ne savent pas, et ne peuvent pas savoir, où se situe la « bonne parole ». Leurs parents sont deux références, deux points d’étayage indispensables. Si chacun met en doute le discours et les décisions de l’autre, c’est la catastrophe. Non seulement l’enfant ne sait plus où se situer, mais l’affrontement parental le renvoie à une négation de lui-même, en tant qu’être issu de ses deux parents.

Béatrice Copper-Royer emploie le terme de « maltraitance » pour qualifier l’atteinte portée aux enfants. Serge Tisseron, pédopsychiatre, parle lui de « conflit de désaveu d’autorité » pour les cas les plus graves : « Ce que les parents doivent réaliser, c’est que celui qui désavoue l’autre sape sa propre autorité, car l’enfant perd confiance non seulement dans le parent désavoué, mais aussi dans celui qui désavoue. Il ne peut renier un de ses deux parents. En conséquence, il peut renier les deux ! C’est tout le système éducatif intériorisé par l’enfant qui est détruit, il ne peut plus s’appuyer sur quoi que ce soit, il n’a plus de boussole intérieure. »

Au quotidien, cela entraîne des réactions telles que le refus d’obéir, les fugues, les crises de rage, les échecs scolaires – espace idéal pour contester les demandes parentales… À l’adolescence, les problèmes peuvent prendre une tournure plus radicale. Leila, bientôt 18 ans, ne supporte plus aucune parole adulte : « Ma mère me dit des horreurs sur mon père. Lui ne dit rien, mais je sais ce qu’il en pense. Ils m’explosent la tête. Les adultes, en fait, ils font n’importe quoi. » La jeune fille enchaîne les quatre cents coups avec ses copines, sèche les cours…

La spécificité psychique de la séparation pour l’enfant (et encore plus pour l’adolescent) tient dans ce parent absent qui prend une dimension fantasmatique : son « fantôme » occupe tout l’espace. Une ambivalence qui provoque agressivité, opposition, mais aussi culpabilité : comment éprouver des sentiments hostiles à l’égard de ses parents ? Certains enfants retournent cette violence contre eux-mêmes : scarifications, conduites à risques, tentatives de suicide forment la triste litanie des atteintes que les psys tentent de panser. « Les enfants eux-mêmes entrent parfois dans un système de manipulation, souligne Béatrice Copper-Royer. Ils espèrent inconsciemment en tirer deux bénéfices : d’une part, obtenir quelque chose du conflit – une autorisation, un objet, de l’argent (“Papa, lui, il est ok”) ; d’autre part, paradoxalement, parvenir à maintenir un contact entre ses parents à son égard, même dans le conflit (“Tout, plutôt que mes parents m’ignorent”). » Serge Tisseron abonde dans le même sens : « Les enfants, quel que soit leur âge, font en sorte qu’aucun des parents ne parvienne à régler le problème seul. Ainsi, ils sont obligés de se parler, même si c’est pour se disputer. »

Au-delà de ces manipulations inconscientes s’ajoute un écueil : celui de l’absence d’autorité. De nombreux pères et mères séparés ont peur de perdre l’amour de leurs enfants en les frustrant, en étant autoritaires. Ils craignent parfois que ceux-ci choisissent de ne plus les voir, préfèrent vivre avec « l’autre », et versent alors dans une attitude que le pédopsychiatre Daniel Marcelli qualifie de « séducation », cajolant pour faire respecter la consigne ou renonçant tout simplement à la faire appliquer. Comment l’autre parent peut-il alors faire valoir son autorité ? Il est forcément perdant à exiger, ordonner, punir… « J’ai le mauvais rôle toute la semaine et, quand les filles vont chez leur mère, c’est la fête, rien n’est grave, les devoirs sont faits ou non. Le lundi, c’est dur… résume Benoît. Je n’arrive pas à en parler avec mon ex-femme (“Tu les as toute la semaine, à toi les emmerdements, moi j’en profite le week-end”). » Pourtant, éviter de tomber dans le piège est moins difficile qu’il n’y paraît. Même s’il est des cas où les seules intelligence et bonne volonté ne suffisent plus (cas pathologiques, violences conjugales, perversité, etc.), il faut d’abord parvenir à se sentir suffisamment adulte pour s’oublier un instant au profit de ses enfants.

Chacun son contrat

Bien entendu, pas question de critiquer l’autre parent devant eux. La seule conduite à suivre reste la concertation pour les grandes décisions (choix d’études, établissements scolaires, etc.) et que chacun règne chez lui. « L’un et l’autre doivent passer un contrat pour chaque maison : “Ici, ça se passe comme ça, chez ton père (ou ta mère), c’est différent”, conseille Béatrice Copper-Royer. Il s’agit d’affirmer tranquillement la règle de vie chez soi et se dire que, de toute façon, ce qui se passe chez l’autre nous échappera toujours. »

Les enfants ne souffrent pas de passer de l’un à l’autre, « à condition que les règles soient explicites », remarque Serge Tisseron. « Au début, ça m’exaspérait de voir mon fils arriver à la maison le tee-shirt en tire-bouchon, raconte Soizic, 36 ans, divorcée et mère de Clarence, 8 ans. Puis j’ai réussi à relativiser. Dans le fond, quand il part en vacances chez mes parents, je suis tout aussi exaspérée (les chaussettes dans les sandales), et je ne dis rien… » Selon Serge Tisseron, c’est là le bon chemin : « Pour les enfants, cela devient un enrichissement formidable, un espace de liberté, car ils sont alors nourris d’influences diverses, qui ne peuvent que leur ouvrir l’esprit… » Et dans le fond, nous leur devons bien cela.

Le point de vue de Claude Halmos

Les parents séparés peuvent dire leurs difficultés

Divorcer, ne plus être en couple et rester cependant des parents cohérents est souvent le parcours du combattant. Même si l’on essaie de faire au mieux, il y a toujours des ratés qui, même anodins, peuvent être graves pour les enfants, car ceux-ci ne connaissent pas la nuance. Un désaccord mineur, une petite incohérence, et l’idée de couple parental peut s’écrouler en même temps que les repères et les règles dont ce couple était garant. Personne n’est plus d’accord ? Chacun fait ce qu’il veut ? Pourquoi ne ferions-nous pas de même ? Et la vie se met à marcher sur la tête… Il faudrait donc que les parents se concertent, mais surtout parlent à leurs enfants. Et disent (sans jamais entrer dans la confidence) leurs difficultés de parents séparés : « Se séparer quand on s’est aimés n’est pas facile. Depuis, par rapport à vous, on se trompe souvent, on n’est pas toujours cohérents. Mais on a tous les deux, parce qu’on vous aime, le souci de vous éduquer pour que vous puissiez réussir votre vie. Quand ça ne va pas, parlez-nous ! »

Christilla Pellé Douel